Tuesday, May 29, 2007

Final

Ecrire une histoire c'est créer un monde. Un univers dans lequel on invite le lecteur et où on se repert progressivement en créant les éléments du décors, chaque détails qui constituera l'environnement et procurera aux lecteurs des clés pour comprendre le but de l'histoire. Les personnages sont aussi des produits de l'imagination de l'écrivain mais en se débrouillant bien ils prennent vie et finissent par trouver eux même la sortie sans que l'on ait a les forcer dans une direction. La magie de la création littéraire.

Le problême qui se pose à moi quand j'imagine une histoire est de trouver les personnages ou les événements qui me permettront de donner vie a tout cela. Et de noircir des pages aussi. Rien de pire pour un écrivain du dimanche qui aspire a beaucoup plus de ses doigts et de son imagination que la peur de la dizaine de pages où l'on a finis de raconter son histoire.

A se demander comment font les autres pour écrire des pages et des pages de textes. Emploient ils des immigrés péruviens pour remplir les pages manquante pour que le livre compte sa bonne centaine de feuillets et ses milliers de caractère. Pourquoi ma tête ne débite elle pas toute seule ces pages manquantes pour que je n'ai pas a me faire de soucis ?

Non, ce serait vraiment trop simple de sa part que de me filer un coup de main. Elle a autre chose a faire que de m'aider celle la. Salope !

Et puis une histoire ça demande une finalité. Un coup d'éclat qui marque le lecteur et lui enlève la force pendant quelques instants de fermer le livre. On voudrait bien qu'il contemple la dernière ligne, qu'il la relise et se dise que ce livre va lui manquer. La peur du point final en quelque sorte. La conclusion qui donne fin au monde crée et a la vie des personnages. Ils reviendront peut être là bas ou ailleurs mais pour le moment un chapitre de leur vie se clot et le rédacteur s'en va faire autre chose.

Mais c'est une métaphore de la création que de s'exprimer en tel terme et la réalité psychique et tout autre. Et c'est sans compter la réalité, celle que je touche avec mes doigts et a qui je balance des coup de boules tout les jours en me remuant les méninges. Le point final n'est qu'un signe, une illusion, pas une conclusion. Si je met un point aujourd'hui, j'en mettrais un autre demain et ainsi de suite avec des séries de majuscules.

Un point final permet la respiration dans le texte mais aussi dans l'esprit de l'écrivain. Quand on place son point final on ne dit pas tout ce que l'on a à dire sur le sujet mais tout ce que l'on sait dessus pour le moment. Le point final ne sert pas a jeter un mur entre les créations mais crée l'attente pour que tout se recrée ici ou ailleurs un peu plus tard. En clair, vous aurez beau finir une histoire, elle vous hantera quand même toute votre vie et restera dans votre imagination comme dans celle des lecteurs. Le point final leur servira uniquement de point d'espacement entre les différents éléments qui naviguent dans les tissus neuronales jusqu'a ce que l'on se mélange avec autre chose et que le point final n'est plus de raison d'être.

Le signe linguistique le plus important est la lettre. Le mot et le sens viennent ensuite mais ils découelent de la lettre. Tout ce qui entoure les lettres ne sont pas des murs mais des outils de narration, pas de murs infranchissables. Et si demain je raconte une histoire et que je la finis avec un point final, je peux la continuer demain ou demander au lecteur de le faire par lui même. Ca y est, j'aurais raconté mon histoire et je l'aurais fait jusqu'au bout de ce que j'aurais a dire. Pas forcement de ce que je pourrais dire.

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